Dossier du jour

**Ingénieur, master… et si on mettait un peu d’ordre dans les diplômes ?**

Zoom sur les différentes formations dispensées à l’ENSPY

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« Tu fais quel cursus/parcours ? » Une petite question qui peut lancer un grand débat sur le campus ! Entre diplôme d’ingénieur, master professionnel, master recherche et master spécialisé, les appellations se ressemblent, mais les parcours ont chacun leur logique. Le **diplôme d’ingénieur** prépare à concevoir des solutions techniques et à conduire des projets, en tenant compte des coûts, de la sécurité et des besoins des utilisateurs. À l’ENSPY, le cursus classique (le cycle ingénieur) comprend deux années préparatoires, puis trois années de spécialisation, avec des stages et un projet de fin d’études. On y apprend autant à comprendre un problème qu’à faire fonctionner une solution sur le terrain. Le **master professionnel**, lui, vise surtout l’exercice d’un métier ou le développement de compétences dans un secteur précis. Les enseignements s’appuient généralement sur des cas concrets, des projets et une expérience professionnelle. À Polytech, les masters professionnels en télécommunications ou en entrepreneuriat illustrent cette orientation : approfondir un domaine pour pouvoir y prendre des responsabilités. Avec le **master recherche**, on apprend à poser une question scientifique, examiner les travaux existants, construire une méthode et défendre ses résultats dans un mémoire. C’est la voie privilégiée pour préparer un doctorat, mais les compétences acquises servent aussi en entreprise, notamment en recherche et développement. À l’ENSPY, des masters recherche (2e année) existaient dans domaines du génie, reservées aux étudiants déjà titulaires d'un bac+5 (le diplôme d'ingénieur principalement), et ce 12 octobre 2026, nous avons assisté à la rentrée académique des premières années (Master 1) de ce cycle de formation, une première à l'ENSPY. Et le **master spécialisé** ? Attention au nom ! Il peut désigner, selon l’établissement, un master consacré à un domaine très ciblé. Il faut donc regarder le diplôme réellement délivré et sa reconnaissance. À distinguer du **Mastère Spécialisé®️**, avec un « e » : ce label de la Conférence des grandes écoles, en France, correspond à une spécialisation généralement suivie après un bac+5, avec certaines autres possibilités d’admission. Reste la question qui anime parfois les discussions : **un master à la Faculté des sciences de Yaoundé I et un master en sciences de l’ingénieur à Polytech, est-ce pareil ?** Ils se situent normalement au niveau bac+5 dans le parcours LMD, mais leur contenu peut différer. Le premier (master à la fac) approfondit une discipline — informatique, physique, mathématiques… — tandis que le second (master en sciences de l'ingénieur) aborde les sciences dans les domaines du génie, avec une place donnée à la modélisation et aux problèmes technologiques. Il existe toutefois de nombreux recoupements : la faculté propose aussi des parcours professionnels, et Polytech fait aussi de la recherche. La subtilité essentielle ? **« Sciences de l’ingénieur » indique le domaine ; « professionnel » ou « recherche » indique l’orientation.** Et obtenir un master à Polytech ne signifie pas automatiquement obtenir le diplôme d’ingénieur : ce sont des cursus distincts (on a vu des étudiants soutenir leur master et se faire appelé par la suite ingénieur). Il est à noter que le fait de soutenir à la fin du cycle ingénieur ne confère pas automatiquement le titre d'ingénieur, un jury doit siéger et proposer ceux qui ont soutenu au titre d'ingénieur, décision qui est validée plus tard par des instances universitaires et du MINESUP. Le bon diplôme, c’est celui qui nous prépare à ce que nous voulons faire… pas seulement celui dont le nom impressionne les voisins de table !