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Les Filières AHN: Les filières des littéraires ? ou énorme préjugé ?

Il est temps de le dire clairement: NON, l'ouverture des filières AHN au baccalauréat littéraire ne fait pas de ces parcours des filières "au rabais". C'est même tout le contraire - et il est urgent de le rappeler ceux qui, sur le campus, s'autorisent encore un mépris aussi injustifié que mal informé.

Le procès est vite fait : "AHN, c'est pour ceux qui n'ont pas eu le niveau pour le cycle ingénieur classique." Ce raccourci repose sur une confusion fondamentale — celle qui assimile accessibilité et facilité. Parce que l'AHN accepte des bacheliers littéraires dès la première année, certains en concluent, un peu vite, que ces filières seraient moins exigeantes. Ce n'est pas un raisonnement, c'est un préjugé — et un préjugé qui ne résiste pas longtemps à l'examen des faits.

Journée Académique COPA AHN - Crédit photo: COPA AHN

Il y a ici une confusion qu'il faut dissiper une fois pour toutes : le cursus AHN fonctionne exactement comme le cursus ST. En Sciences et Technologies, personne ne s'étonne que les Niveaux 1 et 2 soient un tronc commun — le fameux MSP — avant que la spécialisation ne commence réellement en Niveau 3. Eh bien l'AHN suit la même logique : les Niveaux 1 et 2 constituent, eux aussi, un tronc commun, et ce n'est qu'au Niveau 3 que les étudiants se répartissent entre les différentes spécialisations.
Autrement dit, l'ouverture au baccalauréat littéraire ne concerne que ce tronc commun initial — pas un accès facilité à n'importe quelle spécialisation. La preuve la plus nette : sur les six spécialisations de Niveau 3, quatre exigent explicitement un baccalauréat scientifique ou technique — Cybersécurité et Investigation Numérique (CIN), DataScience (DS), Game Programming (GAP) et Arts et Intelligence Artificielle (AIA). La sélection existe donc bel et bien, exactement comme elle existe en ST au moment de choisir sa filière d'ingénieur.
Pour les spécialisations qui restent ouvertes à tous profils — Game Design, Design, Cinéma d'Animation, Management des Systèmes d'Information, Information et Communication Digitale — la question n'est pas "est-ce plus facile ?", mais bien "est-ce un métier différent, qui appelle des compétences différentes ?" Un designer, un créateur de jeu vidéo, ou un spécialiste en management des systèmes d'information n'a pas besoin des mêmes prérequis scientifiques qu'un ingénieur en génie civil — pas parce que son parcours est moins sérieux, mais parce que son métier n'est tout simplement pas le même.

L'ENSPY a-t-elle raison d'ouvrir ces portes ?
Absolument. Le monde professionnel de demain ne se limite pas aux filières historiques de l'ingénierie classique. Le numérique a créé des métiers hybrides — entre technique et créativité, entre code et narration, entre données et communication — que ni un bac scientifique classique ni les filières traditionnelles n'auraient su, seuls, préparer efficacement. En ouvrant le tronc commun AHN à des profils variés dès la première année, l'ENSPY ne brade rien : elle anticipe une réalité professionnelle que la vieille hiérarchie "scientifique = noble, littéraire = secondaire" refuse encore d'admettre.

Ce que cette hiérarchie révèle, en creux
Ce mépris pour l'AHN n'est d'ailleurs pas propre à l'ENSPY — c'est un vieux réflexe hérité d'un système éducatif qui a longtemps traité les filières littéraires comme un choix par défaut, presque un aveu d'échec. Sauf qu'un créateur de jeu vidéo capable de concevoir un univers cohérent, un designer capable de traduire visuellement une idée complexe, ou un spécialiste en communication digitale capable de piloter la réputation numérique d'une entreprise, ne sont ni moins utiles, ni moins compétents que n'importe quel ingénieur classique. Ce sont simplement d'autres formes d'excellence.

Crédit Photo: COPA AHN

Ce que Hello World retient de ce débat
Juger la valeur d'une filière à la nature du baccalauréat qui donne accès à son tronc commun, c'est confondre le point de départ avec la ligne d'arrivée. La vraie question n'a jamais été "d'où viennent-ils ?", mais "où les mène-t-on, et avec quelle exigence ?" — et sur ce point, les filières AHN n'ont, objectivement, rien à envier aux autres.
Il est temps que ce débat ferme la porte à la caricature, et l'ouvre plutôt à la reconnaissance : à l'ENSPY, il n'y a pas de filières nobles et de filières secondaires. Il n'y a que des chemins différents vers une même ambition — former les bâtisseurs du numérique de demain.

Hello World remercie tous les étudiants qui ont pris part à ce débat, dans le respect et la volonté sincère de comprendre plutôt que de juger

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Commentaires

Adam Stéphane Abah WePublish Admin
Rédacteur en chef

Les filières d'Arts et Humanités Numériques sont des filières qui ont parfaitement leur place au sein de l'ENSPY.